Mon travail s’inscrit dans une recherche autour de la nature, du paysage et de notre manière de nous y relier aujourd’hui. Je m’intéresse à cette frontière fragile entre le beau et le réel, entre la contemplation et la conscience de ce que traversent les territoires.
Après les incendies de 2022 dans le Bassin d’Arcachon, mon regard a profondément évolué. J’ai ressenti le besoin de créer des images capables d’accueillir la réalité sans la rendre frontale, d’en révéler les traces sans céder à la violence de l’image brute.
J’ai alors développé une technique personnelle, une transformation qui se fait par un passage en négatif de la photo ou seulement un élément de l’image…puis une transformation des couleurs .Ce processus agit comme un révélateur sensible, faisant apparaître les contours invisibles, les vibrations du paysage, et traduisant au plus près mes émotions.
Si mes images montrent une nature lumineuse, colorée, parfois presque onirique, elles ne cherchent jamais à masquer le réel. Elles en portent la mémoire en filigrane. Mes forêts et mes arbres gardent l’empreinte du feu, mes dunes bleutées évoquent les inondations, mes soleils intenses rappellent la chaleur du réchauffement climatique.
La beauté devient alors un langage : une manière d’entrer dans le paysage sans l’édulcorer, d’en ressentir à la fois la force et la fragilité.
Mon travail invite à ralentir, à ressentir, à regarder autrement. À travers la couleur, la lumière et la transformation, j’essaie de proposer une expérience visuelle accessible, qui ouvre sur une lecture plus profonde du monde vivant et de ses équilibres menacés.